Bulletin de psychiatrie
(parution semestrielle ou annuelle)
Bulletin N°35BIS
   Mise à jour du 7 juillet 2026
Soutien: icône du don


Dr Ludwig Fineltain
AIHPS Psy.Hôp.-Anc.Ch.Serv.

France
E-mail: fineltainl@yahoo.fr


Les télé-expertises médico-psychiatriques sont possibles
Des plages zoom dédiées à la demande lundi et mardi à 12.15

PSYCHIATRIE CLASSIQUE ET LES VERSIONS DU DSM


Versions résumées
Dr Ludwig Fineltain
Neuropsychiatre
Psychanalyste
Paris Carré Vendôme
E-mail: fineltainl@yahoo.fr
Retour à la page de garde

______________________________
Trinite (Favard)       Place Vendome
Trinite (Fr.Favard)       Bar Place Vendome
Bulletin de Psychiatrie


PSYCHIATRIE CLASSIQUE ET DSM
PREMIÈRE FORME DE RÉSUMÉ

    Pour une conjonction hiérarchisée entre classification et clinique
    Problématique centrale. Comment préserver la richesse clinique et psychopathologique de la psychiatrie classique tout en conservant les avantages opératoires, internationaux et scientifiques du DSM/CIM?
    Introduction. Le grand partage contemporain
    " Apparition d'un double langage psychiatrique.
    " Le DSM comme langue internationale.
    " Risque: substitution du classement à la compréhension.
    I. Deux modèles de psychiatrie
    A. Le modèle classificatoire (DSM-CIM)
    " standardisation;
    " fiabilité inter-juges;
    " codification;
    " comparabilité internationale.
    B. Le modèle clinique classique
    " structure;
    " temporalité;
    " histoire du sujet;
    " unité signifiante.
    II. Zones de friction entre les deux systèmes
    " déplacements diagnostiques;
    " perte de certaines entités classiques;
    " réduction du symptôme à l'item;
    " inflation des comorbidités.
    III. Les cas cliniques comme révélateurs
    " dépression; expertises (affaire Breivik comme limite du modèle descriptif)
    IV. Enjeux philosophiques et épistémologiques
    " ontologie du symptôme;
    " synchronie contre diachronie;
    " critique de l'athéorisme;
    " continuité narrative.
    V. Conditions de coexistence
    Principe directeur: Comprendre avec la clinique - coder avec le DSM
    " récit clinique d'abord; codage ensuite; hiérarchie entre compréhension et nomenclature.
    VI. Formation des psychiatres
    " risque du technicien du diagnostic;
    " maintien du patrimoine psychopathologique.
    Conclusion. Ni restauration intégrale des classiques ni hégémonie du DSM: psychiatrie extensive, classificatrice et réflexive.
   
   

DEUXIÈME FORME DE RÉSUMÉ


    La psychiatrie contemporaine vit une situation exceptionnelle: la coexistence de deux systèmes de pensée concurrents mais devenus interdépendants. D'un côté se trouvent le DSM et la CIM, outils classificatoires standardisés ayant permis l'internationalisation des diagnostics, l'amélioration des échanges scientifiques et le développement des recherches thérapeutiques. De l'autre persiste la psychiatrie classique européenne héritée notamment des écoles allemande et française, centrée sur la structure psychique, la temporalité des troubles et l'histoire du sujet.
    La coexistence est une forme de diglossie psychiatrique: deux langages, deux visions du symptôme, deux ontologies du trouble mental. Le DSM repose sur des critères descriptifs, synchroniques et reproductibles. Il vise la fiabilité diagnostique. À l'inverse, la psychiatrie classique cherche une cohérence d'ensemble: elle interprète les symptômes comme les manifestations d'une organisation psychique inscrite dans une trajectoire biographique.
    Cette divergence produit des zones de friction nosographique. Certaines catégories historiques -psychose hallucinatoire chronique, bouffée délirante aiguë, névrose obsessionnelle, mélancolie- apparaissent transformées, diluées ou redistribuées dans les catégories contemporaines.
    Les cas cliniques démontrent ce clivage. Là où le DSM tend à multiplier les diagnostics partiels et les comorbidités, l'approche classique cherche une synthèse intégrant personnalité, déclencheurs, évolution et pronostic. Le cas Breivik est exemplaire: deux expertises psychiatriques contradictoires ont abouti à deux conclusions opposées tout en utilisant le même univers classificatoire. Cette affaire est révélatrice des limites d'une psychiatrie purement descriptive lorsqu'elle rencontre des phénomènes idéologiques, historiques ou existentiels.
    Une réflexion philosophique est nécessaire. La véritable divergence ne serait pas seulement méthodologique mais ontologique: qu'est-ce qu'une maladie mentale? Un agrégat de traits observables ou une altération structurée de l'existence? Le DSM privilégierait une approche phénoménale et distributive alors que la psychiatrie classique maintiendrait une conception structurale et diachronique du psychisme. La notion de "pesanteur du symptôme" apparaît ici comme centrale: le symptôme n'est pas seulement un réel observable, il appartient aussi à une continuité narrative.
    J'estime qu'un symptôme devenu simple item perd son épaisseur clinique et sa fonction structurante. Toutefois il ne s'agit pas d'un rejet du DSM. Au contraire, "si le DSM n'existait pas il aurait fallu l'inventer". Son utilité est connue: langage commun, recherche, statistiques, expertise, administration, communication internationale. La critique vise non pas son existence mais son absolutisation doctrinale. Une classification ne constitue pas une théorie du sujet.
    La thèse centrale est celle d'une conjonction hiérarchisée. La clinique doit conserver la primauté intellectuelle et interprétative tandis que le DSM doit remplir une fonction secondaire de formalisation et de codification. La formule synthétique proposée est: "comprendre avec la clinique classique et coder avec le DSM".
    Inquiétons-nous des conséquences pédagogiques d'une formation exclusivement fondée sur les classifications modernes. Le risque serait de former des techniciens du diagnostic plutôt que des cliniciens capables d'interprétation psychopathologique.
    La conclusion consiste donc à défendre une psychiatrie globale, classificatrice et réflexive: préserver les gains du DSM sans abandonner l'héritage clinique européen ni la compréhension du sujet.
   
   

Boite à lettres de la direction: fineltainl@yahoo.fr

Des adresses utiles aux psychiatres

  • Psydoc-France (FFP) Ce WEB est l'expression de la Fédération Française de Psychiatrie. Il fut créé par les Drs Grohens, Robin, Thurin, Fineltain et Velea.
  • Un site très original réunissait les médecins passionnés de numérique: celui des MMT-France ou "Médecins Maîtres Toile". L'association est désormais assoupie.
  • Sites intéressants
  • PubMed medline query soit par exemple mon très ancien article sur le suicide dans "https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/4340886". Medline est suffisamment connu des médecins du monde entier pour qu'il soit utile d'en exposer les vertus. Rappelons cependant que la recension des données depuis 1972 requiert une bonne connaissance des opérateurs "booléens".
  • Les livres scientifiques dans SUDOC: le plus récent en 2019.
       
    Soutien annuel: étudiant 2€, lecteurs 5€ et collègues médecins 10€

       Recherche médicale sur l'ensemble des sites des Médecins Maîtres-Toile
         Mot exact    avec X Recherche

    Ludwig FINELTAIN
       Neuro-Psychiatre Psychanalyste (Psychiatrist and Psychoanalyst)
       PARIS (FRANCE)